Alerte 7e Continent !

Les consciences s’éveillent quand à la nécessité de sauvegarder les océans, sans doute grâce à la COP 21 et à la COP 22, lesquelles ont enfin mis le sujet à l’ordre du jour. Mais l’auraient-elles fait sans les lanceurs d’alerte que sont les navigateurs qui ont vu, en deux décennies, émerger sur l’océan ce que l’on nomme « Le 7e continent » ?  Le premier à le découvrir fut l’explorateur Charles Moore en 1997 qui décida d’emprunter une voie inhabituelle, passant au centre de la gyre du Pacifique Nord. Ce 7e continent, au titre de science-fiction, est  hélas bien concret, malgré cette difficulté à en appréhender la réalité pour ceux qui restent les pieds sur la terre ferme. Il faut naviguer sur les océans, en étudier la surface et la profondeur, comme le fait l’équipe de la goélette Tara Expéditions, ou l’association « Expédition 7e Continent »  pour en mesurer la gravité, car ce continent sur lequel vous ne sauriez marcher, est invisible de loin ou de l’espace. IL est constitué de myriades, milliards, tonnes… de micro-plastiques, qui s’amalgament ensemble sous l’effet des courants et des tourbillons, jusqu’à former en surface et jusqu’à une profondeur de dizaines de mètres, une immense soupe de micro-déchets, principalement dans les zones de vortex océaniques, loin des voies marchandes, et parfois sur plusieurs millions de km². Mêlés au plancton et à des micro organismes, ils sont un véritable danger pour l’ensemble de la faune qui meurt en les ingérant et rendent le nettoyage fort complexe. Plus encore, sur ces particules se développe toute une « plastisphère » faites de bactéries ou d’insectes inhabituels en milieu marin, déstabilisant la biodiversité. Ce 7e continent est non seulement un enjeu environnemental, mais aussi de santé publique puisque nous consommons des oiseaux et poissons ayant ingéré ces plastiques.

Si les états commencent à prendre des mesures pour limiter l’utilisation des plastiques dans notre quotidien, peu se pressent de débloquer les fonds nécessaires au nettoyage titanesque de ces « continents » situés en « zones internationales ». Un rapport de la fondation Ellen McArthur indiquait en 2014 que le ratio tonnes de plastiques/tonnes de poissons était de 1 pour 5 !

Ce sont donc principalement des projets d’associations ou d’ONG qui émergent et alertent la société civile et les politiques. Utilisation de filets Manta pour filtrer puis permettre le tri entre plastiques, plancton, micro éléments marins… Des poubelles d’océan, des barrages flottants ou encore le projet d’un quadramaran pour le ramassage… et une application pour localiser les déchets plastiques dans la nature : Appli 7e continent

« Des gouttes d’eau perdues dans l’océan », peut-être… Mais il faut bien commencer, alerter, montrer l’exemple pour que de grandes initiatives se développent en synergie avec les scientifiques biologistes et que ce grand nettoyage devienne l’affaire de tous, états et gouvernements compris.

Photo à la une ©Christophe Launay.

Un article d’Isabel da Rocha.

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