Mascarine et mascarons.

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Le Pont Neuf enjambe le cœur de Paris, mais la Seine n’en a que faire. Elle coule vive ou sereine, vaguelettes en goguette, suivant sa fantaisie, sans se soucier de cette armée de guetteurs étranges, cachés sous les corniches. Les satyres et sylvains ont beau souffler, froncer les sourcils, tonner et rouler leurs sept cent et quelques yeux, elle se glisse, câline, le long du Vert Galant.

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La légende parisienne dit que ces « mascarons du Pont-Neuf, ces cauchemars pétrifiés sous la main de Germain Pilon »* seraient les caricatures de ces messieurs de la cour d’Henri III ; pourquoi pas, regardez bien ces lippes vociférantes, querelleuses, n’y a-t-il pas quelques prémices du « Ventre législatif » de Daumier ?

Vieux grincheux  pris au piège de la pierre d’intolérance ou de Sisyphe, bougonnant, ronchonnant, bavant, n’espérez pas que la belle eau vienne un jour, en esclave, vous lécher les babines, car ce serait la fin d’un monde.

La Seine n’en a cure, d’ailleurs ; en mascarine légère, à la jeunesse éternelle, elle passe son chemin, et court vers la Passerelle des Arts, retrouver ceux dont elle abreuve l’âme.

* Victor Hugo « Notre-Dame de Paris ». 

Gif animé : ©Georges Redhawk.

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