« Vers la Dame du lac » à l’Atelier 6.

Une exposition de Marcus McAllister.

Image à la Une : Photo©Nicolas Derré.

Artiste américain résidant aujourd’hui en France, au sourire solaire, Marcus McAllister nous a proposé une plongée onirique dans l’univers des légendes de la Table ronde et de la Dame du Lac. (Festival H²O, du 9 au 25 juin 2017 à l’Atelier 6 de Chouzy-sur-Cisse).

La fée Viviane, aussi nommée Nimue, mais plus généralement la Dame du Lac, est la muse mystérieuse de l’exposition de Marcus McAllister. Quelque soient son nom et ses origines, déesse des eaux romano-celtiques, femme blanche ou muse, la Dame du Lac est la fée initiatrice par excellence, vivant dans les eaux profondes du « lac de Diane », en forêt de Brocéliande, ce qui explique son invisibilité.

Les créations de l’artiste s’apparentent à une quête initiatrice, se construisant par un travail de strates sur ses carnets à croquis. Les premiers traits forment un motif ou personnage, lui donnant vie et envie de nous entraîner vers des songes inspirés, une spatialité propre à l’artiste. Certaines pages donneront ensuite naissance à de grandes toiles, où constellations, personnages, figures  décoratives et végétaux créent un monde hypnotique, aux langages multiples et à l’équilibre céleste. Les plans s’emmêlent comme autant de pensées dans notre cerveau, de nouvelles étincelles jaillissant de la confrontation des éléments picturaux.

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Le « Chevalier » est un thème récurrent dans l’oeuvre de Marcus Mc Allister, évoluant dans des univers aquatiques, à moins qu’ils ne soient temporels, en quête de la Dame du Lac. Ses toiles n’illustrent pas, elles évoquent, elles éveillent des paysages cristallins, où vibration et imaginaire sont intimement liés en des millions de bleus et de siennes mêlés. Cet homme si limpide, libre, tête levée et pieds perdus dans un lac infini, est-ce Lancelot, hypnotisé par une constellation féerique ? Cet autre n’est-il pas l’un de ces chevaliers, fasciné par les gemmes éblouissantes du Graal, à moins que ce ne soit par une muse ensorceleuse ? Et ici, dans une dentelle de spirales et d’eau confondues, se hâte sans doute Merlin vers sa belle et le château de cristal au fond du lac. Tout est symbole, source d’interprétations multiples, suivant nos rêves, nos désirs entre obscurité et lumière,  énergie et langueur, firmament, terre et eau.

« La Dame du Lac », transparente à nos yeux, nous entraîne dans des labyrinthes de paysages intérieurs, ces zones frontalières entre songe, temporalité et réalité, se tissant et se dénouant à l’infini en de vertigineux univers parallèles. Une exposition initiatrice jouant avec nos sensations et la dualité du monde, éternellement mystérieux.

Photo©JMD.

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